Si on vous dit que vous allez parcourir les étapes de la Vuelta, vous
pensez aussitôt à la chaleur, au relief, au public....
C'est le 2 septembre 1995 que je prends le départ à Saragosse, dans le nord de l'Espagne. Il fait chaud, le prologue n'attire pas les
foules.
Dès la 1ère étape, le parcours nécessite de monter les braquets de montagne, car c'est en moyenne 2 à 3 cols qui m'attendent chaque jour.
J'arrive après 170 km, avec un vent de face. Je suis très surpris de ne pas voir de spectateurs dans les derniers kilomètres, au point où je me demande si je suis sur le bon parcours. Je franchis
la ligne d'arrivée et quelques minutes plus tard, je me retrouve dans une ambulance, car épuisé...
Le lendemain, je reprends le départ malgré tout, et c'est la pluie qui m'accompagne tout au long de l'étape, avec des températures de
15 degrés. C'est dans ces conditions que je pédale tous les jours, sans public, sans le soutien des organisateurs, ni de la télévision. Le moral de l'équipe n'est pas au beau fixe, jusqu'à ce qu'on
arrive en Andalousie. Là, changement de climat, c'est sous 40 degrés que je vais escalader la Sierra Navada, ça me rapelle le Ventoux, avec le public en moins, pas un spectateur sur le
bord de la route !
Le passage dans les Pyrénées, avec une incursion en France, fait souffrir tout le monde puisqu'il neige en altitude, il fait donc froid.
Jusqu'à l'arrivée, je pédale sans motivation, uniquement par respect pour mes sponsors et pour l'équipe qui m'accompagne.
L'image que je garderai de la Vuelta, ce sont ces longues lignes droites ventées, pluvieuses, sans personne, l'agressitivité de la Guarda
Civil, l'armée espagnole, que j'avais l'impression de déranger....
Les professionnels me disent qu'après le Tour de France, plus grande course cycliste du monde, je ne retrouverai jamais l'ambiance qui y
règne. Je décide donc d'abandonner mon projet de boucler les 3 grands tours: France-Italie-Espagne.
Ce n'est que le début...
40° c'est trop chaud quand ça grimpe pendant 40 km
L'arrivée est au sommet de la Sierra Nevada
Par DENIS PEPIN
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